La nuit est le jour


Ambiance feutrée, « La Nuit est le jour » rassemble une quarantaine de poèmes écrits la nuit, dans l’intimité d’un appartement parisien. Le temps qui passe, la sensualité, les angoisses, de nombreux thèmes sont abordés avec pudeur et sincérité. L’univers d’un jeune homme qui se dévoile au fil des mots…

« La nuit est le jour » est en consultation libre... 
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Mardi 8 avril 2008
 

Sur les marches de la petite église du village, il fut le seul à ne pas leur jeter du riz. Le seul à ne pas les applaudir. Le seul à ne pas les féliciter. L'enfant, qui n'en était plus vraiment un, disait adieu à celle qui ne l'était plus du tout. Il l'avait vue grandir, lentement puis brusquement. En un semestre, tout avait changé, un aller sans retour. Il se souvenait du moment passé l'été dernier sur la plage. Il revivait ces instants complices. Il ressentait encore, au plus profond de lui, l'émoi quand il a découvert les deux dunes sur son torse jadis plat. Il l'a touchée lors de la baignade. Sa taille dessinée, ses hanches. Il n'oubliera jamais ces effleurements prémédités.

La découvrir en ce jour d'union officialise bel et bien ce qu'il redoutait. Elle s'envolait vers une route droite et lisse. Il en était persuadé, elle se mariait pour de mauvaises raisons. L'homme avait une ferme, des terres, une virilité. Comment avec ces larges épaules, et cette mâchoire carrée pouvait-elle craindre le danger ? Il était une assurance vie, une garantie sur l'avenir. Il la tenait par la main, sans la lâcher. Comme un trophée, une victoire. Elle semblait fière de lui appartenir. Fière ou simplement apaisée. Elle est descendue des marches dans sa robe blanche pour saluer la foule. Il était juste devant, aux premières loges, spectateur et témoin. Évidence, ils n'appartenaient plus au même monde.

Il a détesté la façon dont elle a penché la tête pour recevoir les bises. Il a détesté le regard qu'elle lui a porté quand elle s'est approchée de lui. Un regard tendre, à la limite de la compassion. Un sourire aussi qui ne lui ressemblait pas. Elle lui a caressé la joue. Douce et imberbe. Il s'est tu. Sa voix cristalline n'aurait fait que confirmer la réalité. Il a tiré nerveusement sur sa veste du dimanche, trop courte au niveau des manches et a reculé de quelques mètres. Dans la masse humaine, il s'est engouffré pour ne plus les voir. Bousculades, il parti immédiatement jouer avec ses camarades sur la place du village. Il en avait encore le droit...pour quelques temps encore...

Jeudi 3 avril 2008
 

Ne retire pas ton manteau, non, ne le déboutonne pas,

Ne te déchausse pas,

Nous sortons !

Grise mine,

J'ai besoin d'oxygène, respirer une autre ère,

Ne tardons pas, la nuit se fait pressante,

Je veux profiter des derniers rayons,

Dans l'escalier, accélérons la cadence,

Ton souffle est court, tu crains l'arrêt cardiaque ?

Fuyons !

Le pessimisme des dernières semaines,

Les angoisses qui nous tyrannisent,

Les questions, les non réponses.

Dans la cour, tu m'étudies,

Oui, je vais bien...merci,

Ça t'étonne ?

Avançons !

Ce qui compte est sous le rythme des pas,

Cette dynamique,

Dans la vieille ville, nous puiserons ce que nous recherchons...

Je veux t'emmener vers les quais,

N'imagine pas que je souhaite nous suicider...

Je choisis le chemin,

Sourires au bout de tes lèvres,

Tu te moques ?

Excitations des mouvements,

Je suis impatient,

et toi, beaucoup trop calme...

Que pouvons-nous attendre ?

Une inspiration ?

A défaut d'autres choses...

Réverbérations des ondes, klaxons,

Paris offre autant qu'elle ne reprend,

Ne l'oublie pas,

Il faut avoir les reins solides pour cette garce,

Tout se mérite...

Le long de la rue, nous nous frayons un chemin,

Zigzags,

Tu prends ma main,

Comme si tu avais peur que je ne parte,

Ailleurs...

Bousculades, si seuls dans la foule,

Ne pense pas à un autre itinéraire,

L'eau n'est pas si loin,

Entre les pierres,

Ce sera sous le couché,

Courons !

Samedi 29 mars 2008
 

Le X. scintille, il se veut érotique,

Incitations, invitation à la défenestration,

Il se montre sous tous les néons,

Le X. est suave,

Le X. est voyeur,

Entre vernis-sages, les amuses sont bouches,

Le X. se réinvite,

Il aime se disperser sur les pistes.

 

Le X. clignote, il se plaît à être vu,

Usurpations, invitation à la tentation,

Il s'affiche sous toutes les coutures,

Le X. est chronophage,

Le X. est illusoire,

Entre cocktails, les bouchées pour la reine,

Le X. se réinvente,

Il déteste toute expression de considération.

 

Le X réfléchit, il s'admire dans les reflets,

Obsessions, invitation à la pénétration,

Il se cache sous les rideaux,

Le X. est otage,

Le X. est chaotique,

Entre dîners, vol au vent,

Le X. se réitère,

Il s'indiffere des pensées existentielles de ses congénères.

attachement

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