La nuit est le jour
Ambiance feutrée, « La Nuit est le
jour » rassemble une quarantaine de poèmes écrits la nuit, dans l’intimité d’un appartement parisien. Le temps qui passe, la sensualité, les angoisses, de nombreux thèmes sont abordés avec pudeur
et sincérité. L’univers d’un jeune homme qui se dévoile au fil des mots…
« La nuit est le jour » est en consultation libre...
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Promenade d’hiver ou d’été,
Les saisons s’enchaînent dans sa boîte crânienne,
Passage hésitant sur un microcosme qui s’affole,
Le ciel se couchait sous ses pieds,
Profondeur, superficialité,
Le vent cinglait sur sa nuque,
Lithium est sa philosophie d’aquarium,
Redonner un sentiment de sécurité,
À une lumière assombrie par les caprices des nuages,
Averse avant une accalmie,
Si nécessaire ces perturbations,
Pour soulager les égratignures,
Utopie, élégance, ou prudence climatique,
Il a décidé de ne plus l'aimer,
Chaud, froid, les variances endommageaient l'affectif,
Idéalisation de sa nature,
Suffisance,
Une terre tourne toujours sur elle-même,
Temps d'y mettre définitivement une fin,
L'histoire s’achève sur une promenade d’hiver ou d’été.
Cette nuit, la nature a repris ses droits. Elle ne l’avait pas oublié. La nature n’oublie jamais. Une pluie diluvienne, une bourrasque, et hop ! Le rideau est tombé. Des adieux, sans lumière, en toute discrétion.
Ils se sont levés dans la matinée sans s’en apercevoir. Ils n’avaient rien entendu. C’est un enfant qui a prévenu la fratrie. « Le chêne a disparu ! ». Hallucinations ? Non, vide spatial. Ils ont couru au fond du jardin. Trop tard. Le grand maître était dépecé, en mille morceaux, gisant dans la boue. Ruine d’une prestance.
Ils ont pleuré. Ils perdaient un des leurs. Un patriarche.
Ils ont caressé l’écorce encore verte. Sur le tronc, les nervures indiquaient les révolutions, les guerres, les libérations. L’histoire d’un pays. Il finira en meuble dans un salon parisien ou en poutre dans une maison de campagne. Au pire, en feu de cheminée.
On replantera peut-être au même endroit. Pour souligner que la vie continue. Mais il faudra des siècles au successeur pour forcer le respect. Les prochaines générations seront-elles sensibles à son passé ? Surtout aura t-il le temps de prendre racine ? Le père en douta. Ce n’était pas un accident mais un rappel à l’ordre. Si une telle cupulifère ne supporte pas le dérèglement climatique, comment eux, pauvres choses de quelques années pourraient-elles l’affronter ? Mystère.
Le pire restait à venir. Le chêne avait tiré sa révérence pour ce motif.
La nuit, je cherche une autre substitution,
Un remplacement à l'affection,
Je fouille dans les placards, je traîne dans les bars,
Vapeur d'alcool pour poudrer le cafard,
Abscons, sourires de contre-façon,
Ils ne perçoivent aucune falsification,
Urgence de se faire désirer,
Cour, artifices, flatteries pour compenser,
L'aspartame qui se prétend sucre,
Je me pends à tous les lustres.
Le jour, je m'emmure contre son écho,
Aller-retour en apnée sous l'eau,
Je commue ma peine,
Par une course à en perdre haleine,
Stérile aversion pour l'inversion,
Les plaisirs se limitent à de pales imitations,
Subsiste des résidus de sa chaleur,
Je perçois tout de mes hauteurs,
Les déceptions au fond du boudoir,
Et l'enfermement dans les tours d'ivoire.
