La nuit est le jour
Ambiance feutrée, « La Nuit est le
jour » rassemble une quarantaine de poèmes écrits la nuit, dans l’intimité d’un appartement parisien. Le temps qui passe, la sensualité, les angoisses, de nombreux thèmes sont abordés avec pudeur
et sincérité. L’univers d’un jeune homme qui se dévoile au fil des mots…
« La nuit est le jour » est en consultation libre...
http://catieau.free.fr/
Vent froid sur la poitrine,
Impossible d'articuler deux syllabes,
Paralysie, ellipse,
Silence au coeur,
Vidé,
Je ne peux que me retourner pour me protéger,
Frissons dans le dos,
La peur de ne plus l'aimer,
Oppressions en obsessions,
Se lient des délires,
Une mise à mort par procuration,
Des expressions de douleur émanent,
Mes réactions s'évanouissent dans le chagrin,
Les incontournables yeux mouillés du deuil,
J'essaye de le tuer. J'essaye de te tuer. J'essaye de nous tuer.
Sidéré par cette acceptation, du non combat,
L'amour n'est pas suffisant,
Défilements d'images passées, des moments,
L'heure de la fin a sonné,
J'ai la tête prête à exploser,
Je poignarde ces instants, coups secs dans le vide,
La nostalgie est prohibée,
J'entends des applaudissements, des approbations,
Habit de lumière, je tournoie sur ses ombres,
La lame est tranchante,
Tous les risques de me blesser,
Danger, je perds et je crève,
La condamnation est provoquée par nos souhaits,
La cruauté du spectacle s'acharne dans la démence,
Que nos sangs se diluent pour ne plus être liés.
Le temps passe....trop rapidement ! Mais tout va relativement bien. Je sens que mon écriture s'étoffe, que le style se précise. A force d'écrire, tel un athlète, les entraînements améliorent le rendu. Je me sens de plus en plus à l'aise avec mes envies, et moins contraint par la technique. Je poursuis toujours les ateliers d'écriture. Je suis assez surpris par la qualité des auteurs qui assistent aux séances. Beaucoup d'auteurs sont cachés ! Je m'amuse à composer sur des sujets imposés, des débuts de phrase, des images. D'ailleurs beaucoup des petites nouvelles publiées sur ce blog depuis quelques mois sont issues de ces cours...
Je travaille toujours sur mon projet de court métrage. 7 de mes nouvelles que je compte réaliser. Difficile de composer avec l'image. Un vrai défi ! J'y crois beaucoup. J'en dirai plus le moment venu.
Un recueil de nouvelles est en préparation, reprenant les nouvelles du court métrage, et d'autres. Toutes sur le même sujet, des monologues. Les retombées de mon comité de lecture sont positives. Je pense le proposer à quelques éditeurs... Wait and see...
« Projection » verra le jour au printemps sous un format papier chez Edilivre. J'espère que vous serez au rendez-vous!
Enfin « La nuit est le jour » remporte un succès d'estime sur le site Alexandrie. Des critiques sympathiques, 57 télé chargements en 3 mois...c'est plutôt pas mal !
Merci de votre fidélité....
A très vite !
S.
Les tables étaient toutes dressées de la même manière. Une assiette entourée de ses couverts, et d'un modeste verre. Ces tables se succédaient comme des épis de blé. Précision militaire pour hygiène clinique. Les serviettes attendaient leur propriétaire dans de long casier à l'entrée. Aussi immense qu'était cette salle, ces bouts de tissus, patchwork de couleurs, assassinaient un hypothétique anonymat. Ces serviettes grasses et tachées étaient la seule véritable preuve qu'il y avait eut une présence.
Il n'y aura pas, aujourd'hui, de déjeuner. Les prochains jours, non plus. Une fine pellicule de poussière se déposera sur les meubles trahissant l'absence. Abandonnée la cantine s'engouffrera dans un silence monacale. Les roulettes des chariots ne siffleront plus sur l'épais béton. L'impact des fourchettes sur les assiettes ne tintera plus. Le bruit des couteaux attaquant le steak ne raisonnera plus. Comme les rires des ouvriers. Plus de buée sur les carreaux, plus d'odeur de nourriture. Plus rien. Le vide.
Ils ne reviendront plus. Ces invités du quotidien. Ces intimes de la bouche. Ces familiers du pain.
Ils gisent tous un peu plus loin, là, sur le mur extérieur. Fusillés par les balles ennemies. Comme le capitaine d'un navire, le cuisinier a été le dernier à poser les genoux au sol.
Par chance, les températures sont basses. Leurs corps n'auront pas le temps de se putréfier. Ils resteront intacts. Ils seront jetés à même la terre derrière le bâtiment.
