L’arbre était couché au sol, déraciné, étendu comme un soldat mort au front. La tempête avait eu raison de lui. Pourtant, il en avait vu d’autres. Les étés
caniculaires, les rudes hivers, il avait tout surmonté pendant des siècles sans se plaindre.
Cette nuit, la nature a repris ses droits. Elle ne l’avait pas oublié. La nature n’oublie jamais. Une pluie diluvienne, une bourrasque, et hop ! Le rideau est tombé. Des adieux, sans lumière, en toute discrétion.
Ils se sont levés dans la matinée sans s’en apercevoir. Ils n’avaient rien entendu. C’est un enfant qui a prévenu la fratrie. « Le chêne a disparu ! ». Hallucinations ? Non, vide spatial. Ils ont couru au fond du jardin. Trop tard. Le grand maître était dépecé, en mille morceaux, gisant dans la boue. Ruine d’une prestance.
Ils ont pleuré. Ils perdaient un des leurs. Un patriarche.
Ils ont caressé l’écorce encore verte. Sur le tronc, les nervures indiquaient les révolutions, les guerres, les libérations. L’histoire d’un pays. Il finira en meuble dans un salon parisien ou en poutre dans une maison de campagne. Au pire, en feu de cheminée.
On replantera peut-être au même endroit. Pour souligner que la vie continue. Mais il faudra des siècles au successeur pour forcer le respect. Les prochaines générations seront-elles sensibles à son passé ? Surtout aura t-il le temps de prendre racine ? Le père en douta. Ce n’était pas un accident mais un rappel à l’ordre. Si une telle cupulifère ne supporte pas le dérèglement climatique, comment eux, pauvres choses de quelques années pourraient-elles l’affronter ? Mystère.
Le pire restait à venir. Le chêne avait tiré sa révérence pour ce motif.
Cette nuit, la nature a repris ses droits. Elle ne l’avait pas oublié. La nature n’oublie jamais. Une pluie diluvienne, une bourrasque, et hop ! Le rideau est tombé. Des adieux, sans lumière, en toute discrétion.
Ils se sont levés dans la matinée sans s’en apercevoir. Ils n’avaient rien entendu. C’est un enfant qui a prévenu la fratrie. « Le chêne a disparu ! ». Hallucinations ? Non, vide spatial. Ils ont couru au fond du jardin. Trop tard. Le grand maître était dépecé, en mille morceaux, gisant dans la boue. Ruine d’une prestance.
Ils ont pleuré. Ils perdaient un des leurs. Un patriarche.
Ils ont caressé l’écorce encore verte. Sur le tronc, les nervures indiquaient les révolutions, les guerres, les libérations. L’histoire d’un pays. Il finira en meuble dans un salon parisien ou en poutre dans une maison de campagne. Au pire, en feu de cheminée.
On replantera peut-être au même endroit. Pour souligner que la vie continue. Mais il faudra des siècles au successeur pour forcer le respect. Les prochaines générations seront-elles sensibles à son passé ? Surtout aura t-il le temps de prendre racine ? Le père en douta. Ce n’était pas un accident mais un rappel à l’ordre. Si une telle cupulifère ne supporte pas le dérèglement climatique, comment eux, pauvres choses de quelques années pourraient-elles l’affronter ? Mystère.
Le pire restait à venir. Le chêne avait tiré sa révérence pour ce motif.
Commentaires
je me disais bien que sous ce regard gris bleu et cette distance volontaire que tu imposes avec les autres, se cachait un jeune homme très intéressant. je vais en lire plus pour en savoir plus, étant donné que tu parles peu, c'est déjà ça de pris....
commentaire n° : 1
posté par :
fabien
le: 21/03/2008 13:04:05
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