Elle remarque que son regard est posé sont sur son décolleté. Elle décroise, les jambes, élégamment. Sourire canaille, elle lui demande, droit dans les yeux.
" Puis-je allumer une cigarette ? "
Il hoche la tête, que oui. Elle saisit son paquet, de son sac, sort, une longue cigarette, et l’allume, avec douceur.
Elle le considère, un instant. Quinquagénaire grisonnant, et bedonnant, au physique ordinaire, une proie facile, même trop. Première bouffée, qu’elle expire vers le plafond.
D’une voix rauque, il lui dit.
" Mademoiselle, votre C.V est intéressant, mais il ne correspond pas, tout à fait, à nos recherches. "
Elle recroise les jambes, de la main droite, replace, correctement, une mèche de cheveux rebelle, et lui répond.
" Je pense que l’on peut s’arranger, vous et moi… "
Il fronce les sourcils, battements de cils, elle essaye d’être convaincante. Il regarde sa montre, elle déboutonne le second bouton de son chemisier.
" Qu’entendez-vous par ‘s'arranger’ ? "
Elle sourit. De la main gauche, elle caresse, l’accoudoir du fauteuil. Un va et vient. Droit dans les yeux, elle lui murmure, en s’approchant de lui.
" Dois-je vous faire un dessin ? "
Il joue avec son alliance. Elle écrase sa cigarette, dans le cendrier, face à elle. Elle s’attend à la victoire. Le poste est pour elle, suppute t-elle. Il s'accoude sur son bureau.
" Vous savez, mademoiselle, pour jouer, la Sharon Stone, il faut en avoir le physique, et malheureusement, vous ne l’avez pas. "
En une fraction de seconde, elle perd, la suffisance sur son visage de porcelaine. Humiliée, elle attrape son sac et se lève, sans aucune autre considération, que le mépris.
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